Le + de l’info: Prendre soin de son environnement pour prendre soin de sa santé: « Nos décideurs ont du mal à s’emparer de la prévention »
Prendre soin de sa santé, c’est d’abord prendre soin de l’environnement dans lequel on vit. Canicule, pollution de l’eau, mauvaise qualité de l’air ou une biodiversité en baisse ont une influence directe sur notre bien-être. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 25 % de la mortalité mondiale est liée à des facteurs environnementaux évitables.
Protéger à la fois notre santé et la nature dans le même temps, cela porte un nom: la santé environnementale aussi connue sous le nom de One Health. Le concept est encore récent. "C'est une approche qui est encore en plein essor en matière de santé publique" explique Aurore Goosens, députée provinciale MR compétente en matière de santé et de développement territorial. "Cela part du constat que la santé humaine est étroitement liée à la santé animale mais aussi à l'environnement. L'air que l'on respire, l'eau que l'on boit, tout cela a un impact sur notre santé" ajoute la députée libérale. "Quand on parle de santé environnementale, on a tendance à la réduire à la perception de la nature mais c'est bien plus large" détaille Pauline Modrie, directrice générale de la fédération Canopea. "Par exemple, toute la pollution sonore est souvent un risque qu'on oublie alors que c'est une vraie problématique en Europe et en Belgique avec chaque année de nombreux décès qui y sont associés." rappelle-t-elle.
Une prise de conscience trop tardive?
Pour améliorer sa santé et son cadre de vie, on parle beaucoup de prévention mais elle n'est que très peu financée. Selon l'OCDE, le budget consacré à la santé n'est que de 2%. "La santé environnementale dans le Hainaut reste un enjeu essentiel" reconnaît Aurore Goosens. "Mais elle reste le parent pauvre par rapport à la multitude de dossiers à gérer." Au niveau des politiques, certaines actions tardent à se mettre en place. "Nos décideurs ont du mal à s'emparer de la prévention et de sa juste place dans notre société" déplore Pauline Modrie. "La prévention est peu financée et elle est souvent centrée sur des actions de sensibilisation alors que l'on devrait aller beaucoup plus loi. Je prends l'exemple de la mal bouffe avec tous ces fast-foods qui fleurissent à proximité des écoles. On sait que cela représente un fardeau sanitaire qui sera, un jour, impayable pour la collectivité. Mais dans le même temps, il y a des intérêts économiques à court terme qui doivent être balancés. Le nerf de la guerre se situe là également" explique la directrice générale de la fédération Canopea.
La santé ne se joue donc pas uniquement dans nos hôpitaux. Cela se passe aussi dans nos rues, nos parcs et notre environnement quotidien.
Th. Dep.